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Diagnostics et découvertes remarquables

Fouille du Dolmen coudé de Biounac
Les opérations de diagnostics sont prescrites par la D.R.A.C., destinataire des permis de construire et d’aménager, en fonction des risques potentiels de destruction des vestiges. Ces travaux consistent à faire des sondages mécaniques ou manuels sur 5 à 10 % de la surface des terrains concernés pour déceler d’éventuels vestiges. Si ces derniers s’avèrent présents et menacés par un aménagement, la D.R.A.C. décident en fonction de leur intérêt scientifique de l’organisation d’une fouille préventive, à la charge de l’aménageur sur le plan financier, afin de fouiller et d’enregistrer ces archives du sol.

Les opérations de diagnostics

Les interventions du service d’archéologie à l’occasion d’un chantier de réhabilitation ou de construction sont réalisées en parfaite collaboration avec le Service Régional de l’Archéologie (D.R.A.C.) et les aménageurs respectifs concernés. La plupart du temps, elles se soldent par la levée de l’hypothèque archéologique et les projets qui les ont générées peuvent poursuivre leur cours, comme pour l’extension de la carrière de Cordenade (Salles-la-Source) en face l’aéroport ou encore place Notre-Dame devant la Collégiale de Villefranche-de-Rouergue. Preuve est donc faite qu’il est possible de concilier devoir de mémoire et développement économique.

Des découvertes variées

  • Onet-le-Château : Aux Balquières (2010) a été mis au jour un modeste axe de circulation antique bordant un important ensemble cultuel gallo-romain, comprenant notamment des thermes publics et un sanctuaire des eaux, connu depuis la fin du XIXe siècle.
  • Espalion : A Peyrelebade (2010), au-dessus d’Espalion, on a retrouvé et fouillé le dolmen coudé de Biounac et son tertre parementé arasés par des travaux agricoles et associés à quelques parures et pointes de flèche en silex. Un habitat de plein air contemporain installé dans une doline proche, enseveli sous 4 m de colluvions a aussi été découvert. L’intervention de Peyrelebade s’est révélée exemplaire sur le plan de la conservation du patrimoine. Le dolmen, maintenant préservé et consolidé, sera intégré au projet et pourra être visité. Il est le dernier témoin du toponyme occitan donné au lieu. Quant à la doline, siège d’un habitat préhistorique, elle sera remblayée pour préserver ce dernier.
  • RD556 : Le contournement routier d’Espalion a donné lieu à une première phase de diagnostic (2013) au niveau du franchissement du Lot. Sur la rive droite, la zone était fréquentée durant le Néolithique et/ou le Chalcolithique (lame de silex de Mur-de-Barrez…), au Bronze final IIIb (vase « en bulbe d’oignon »), ainsi qu’aux périodes gauloise (amphore italique Dr. 1A, céramique commune) et gallo-romaine (remblai antique avec tuiles, pierres calcaires, galets de rivière, rares tessons gallo-romains et de la fin du second âge du Fer, quelques ossements d’animaux non brûlés). Rive gauche, des épandages antiques discontinus ont été mis en évidence. Souvent roulés et donc en position secondaire, il s’agit de vestiges liés à la fabrication de céramique et peut-être de tuiles (parois de four rubéfiées ou vitrifiées, tubulures et cales de cuisson, tessons surcuits de sigillée). La présence d’au moins deux coupes à décor de rinceaux de feuilles cordiformes en présigillée démontre que l’activité de l’officine de potier d’Espalion débute dès l’époque augustéenne.
  • Millau : Rue Delpuech (2010), il a été découvert un niveau de remblais du Haut Empire, une canalisation d’adduction d’eau manifestement antique et un réseau de drains bas-médiévaux d’un secteur périurbain de jardins ou de prairies. Boulevard des Gantières (2011), toujours à Millau de modestes petits fossés matérialisant probablement un ancien parcellaire antique. De l’autre côté du Tarn, l’enfouissement de la ligne éléctrique près des célèbres ateliers de céramique de La Graufesenque (2011) a permis de repérer les vestiges d’un chemin ou d’une voie antique desservant le site. Enfin à quelques encablures de là, à Saint-Estève (2011), sur la rive gauche du Tarn, les limites d’une nécropole à inhumations du haut Moyen Age et de l’époque médiévale ont pu être précisées. Une structure empierrée protohistorique (sépulture ?), de la fin de l’Age du Bronze (XIVe-Xe siècle avant. J.-C.) a également été mise au jour.
  • RN 88 (La Primaube, Baraqueville, Moyrazès, Calmont) : En 2013 et 2014, les sondages d'archéologie préventive réalisés en amont du futur chantier de la RN88 (contournement routier de Baraqueville) ont mis au jour, sur le Ségala, un vaste ensemble d’enclos fossoyés gaulois de plus de 30 ha signalant semble-t-il un important établissement agricole et ses structures annexes (parcellaire) ou une agglomération. Des vestiges d’époque romaine ont également été rencontrés : l'aqueduc antique amenant l’eau de Vors à Rodez-Segodunum ainsi qu’une voie romaine totalement inédite, qui pourrait correspondre à l’axe Segodunum/Tolosa.

    Bozouls : Des aménagements dans une maison individuelle située rue du château (2013) ont permis l’étude d’un mur jusqu’alors interprété comme le rempart du château médiéval aujourd’hui disparu. Bordé d’un fossé utilisé comme dépotoir avant son colmatage définitif autour du XIIIe siècle, ce mur en appareil cyclopéen rectangulaire évoque le soubassement d’un imposant monument antique, vraisemblablement un temple monumental gallo-romain érigé au cœur du canyon de Bozouls.

    Rodez : A l’emplacement de l’école François Fabié (2014), deux fosses contenant des amphores italiques gauloises ainsi qu’un caniveau en tegulae gallo-romain ont été observées. Sur le site du futur évêché au 24 rue Combarel (2014), se trouvait une sépulture sommaire peut-être antique. En très mauvais état de conservation, elle était creusée dans le gneiss et couverte d’un chaperon de mur en grès.

    Salles-la-Source : Lors de l’extension de la carrière de la Cordenade (2014), un sondage a recoupé une sépulture qui renfermait un sujet masculin de plus de 35 ans mesurant environ 1,63 m. Le coffrage mettait en œuvre des dallettes de calcaire qui épousaient la forme du corps du défunt dans sa partie supérieure et peut-être des planches de bois pour la partie inférieure. Une autre dallette losangique placée à la tête du défunt marquait l’emplacement de la tombe. Le sujet contenu dans la sépulture est daté entre 725 et 942 apr. J.-C., avec une probabilité à 95,3% entre 771 et 897 apr. J.-C.

    • D’autres opérations se sont révélées négatives : les deux premières phases de l’extension de la carrière de la Cordenade à Salles-la-Source (2012 et 2013), Rue Condatomag à Millau (2013), Puech Camp au Monastère (2011), rue Eugène Loup à Rodez (2014), La Madeleine (2012) et place Notre-Dame (2012) à Villefranche-de-Rouergue.

Des projets

D’autres interventions similaires complèteront prochainement notre connaissance des premiers peuplements de l’Aveyron  sur le futur tracé du contournement d’Espalion et sur l’emplacement d’un lotissement commercial à La Primaube…

 

 

Galerie d'images

Pointes de fleches en silex et parures découvertes à Peyrelebade Canalisation d'adduction d'eau à Millau Sondages mécaniques réalisés à Peyrelebade

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